← Retour au blog Foie / MASH

Rétatrutide et stéatohépatite (MASH) : jusqu'à 86 % de graisse hépatique en moins

Mis à jour 2026 · Temps de lecture : 4 min

Au-delà de la perte de poids, l'un des résultats les plus marquants publiés autour du rétatrutide concerne son effet sur la stéatose hépatique et la stéatohépatite métabolique (MASH, anciennement NASH). Une étude de phase 2a, publiée dans Nature Medicine, a mis en évidence des réductions de graisse hépatique parmi les plus élevées jamais rapportées pour une molécule en développement clinique.

Des résultats spectaculaires dès la phase 2

Dans ce sous-groupe d'étude consacré au foie, la dose de 12 mg de rétatrutide a permis une réduction moyenne de la graisse hépatique de 86 % en 48 semaines, avec 93 % des participants recevant la dose la plus élevée revenus à un taux de graisse hépatique considéré comme normal (inférieur à 5 %). Même à la dose intermédiaire de 8 mg, la réduction atteignait 81,7 %, avec 89 % des patients normalisés.

Pourquoi le foie réagit-il autant ?

Le mécanisme d'action à triple cible du rétatrutide — GLP-1, GIP et récepteur du glucagon — est probablement à l'origine de cet effet marqué. L'activation du récepteur du glucagon, en particulier, est associée à une augmentation de l'oxydation des graisses au niveau hépatique, un mécanisme que l'on ne retrouve pas avec les agonistes du GLP-1 seuls.

Où en sont les essais de phase 3 ?

Sur la base de ces résultats préliminaires, plusieurs essais de phase 3 évaluent aujourd'hui le rétatrutide spécifiquement dans les maladies stéatosiques métaboliques du foie (MASLD/MASH). Ces essais, actuellement en cours, doivent produire leurs premiers résultats au cours de l'année 2026. Un protocole plus large, associant plusieurs molécules (« master protocol » de type SYNERGY-Outcomes), a par ailleurs été enregistré pour explorer ces pistes thérapeutiques dans la stéatose hépatique.

Ce que cela signifie concrètement

Si ces résultats de phase 3 confirment les données de phase 2a, le rétatrutide pourrait devenir l'une des options les plus efficaces jamais étudiées contre la stéatohépatite métabolique, une pathologie pour laquelle les options thérapeutiques restent aujourd'hui limitées. Une éventuelle indication spécifique dans le MASH nécessiterait cependant un dossier réglementaire séparé de celui déposé pour l'obésité, avec un calendrier probablement plus tardif.

Sources : étude de phase 2a publiée dans Nature Medicine (2024, sous-étude hépatique) ; registre ClinicalTrials.gov (NCT05929079, NCT07165028) ; revue JCI sur les traitements émergents du MASH. Article à visée informative, ne constituant pas un avis médical.